Cherifa/Nadia

Pourquoi avez-vous participé à l’exposition ?
Pour dire que c’est important de parler. Pour que les femmes ne restent pas muettes. J’avais ce même sentiment de honte et de peur au début que toutes ces femmes. Il faut vraiment parler à haute voix et réagir, porter plainte, ne pas avoir peur. Il y a des personnes qui peuvent nous aider.

J’avais 25 ans, c’était le début de notre mariage. Ça pouvait être n’importe quand, n’importe où dans la maison. J’étais en pyjama, c’était cet homme, ce mari qui décidait, qui m’imposait des rapports.

Même, quand je lui disais que je ne voulais pas, il m’imposait des rapports. Ça se passait très vite, sans tendresse, je n’avais qu’une envie c’est que ça aille vite, qu’il prenne ce qu’il veut et qu’il me laisse tranquille. Des fois, pour éviter ça, je mentais, je lui disais que j’avais mes règles mais il trouvait toujours un moyen d’avoir ce qu’il voulait. Cela pouvait être 2 à 3 fois par semaine, généralement après les violences qu’il m’infligeait (coups, insultes …) Il voulait se faire pardonner de cette façon-là, mais ça recommençait …

J’ai mis plusieurs années avant d’aller porter plainte, je n’osais pas, j’avais peur pour moi et mes enfants. Puis un soir, le mardi 21 février 2018, un mardi noir … ce jour-là, il a encore voulu me frapper, j’ai eu très peur et je me suis enfui en pyjama avec mes baskets et mon manteau et j’ai couru au commissariat. J’ai porté plainte pour violences conjugales et des rapports sexuels non consentis. Le policier à dit « ici, en France on parle de viol ». Ça a été très dur pour moi d’entendre ce mot là.

Après la plainte, j’ai obtenu une ordonnance  de protection et mon divorce est en cours. Concernant la plainte pour viol, la procédure auprès du juge d’instruction est en cours.

Dès qu’un compagnon, mari, vous frappe une fois, il faut partir car il va recommencer.

Dès qu’un compagnon, mari vous impose des relations sexuelles une fois, il va recommencer et prendre cette habitude de disposer de vous et de votre corps.

Votre corps ne vous appartient plus et la peur d’une maladie est obsédante

Il faut pas rester seule, ni la bouche fermée. Je regrette de l’avoir fait plus tôt et d’avoir perdu autant d’années et vécu moi et les enfants autant de souffrance.